Europe / Politique
Teresa Pullano: “L’Union européenne paie son manque d’incarnation”
(cc) Rock Cohen / Flickr
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 80 de Philosophie magazine « 80 - juin 2014 », en kiosque le 28 mai 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les partis eurosceptiques ont le vent en poupe, comme l’ont montré les récentes élections européennes. Au point de remettre en cause les fondements mêmes de l’Union ? Réponses avec la politologue Teresa Pullano.
Qu’est-ce qui différencie aujourd’hui le rapport d’un Français, d’un Allemand, d’un Italien et d’un Britannique à la citoyenneté européenne ?
Teresa Pullano : Il n’y a guère de différence marquée car, dans tous ces pays, prédomine une attitude eurosceptique. Regardez le succès des partis populistes favorables à une sortie de l’euro, comme le Front national, l’Alternative für Deutschland, le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo ou le United Kingdom Independence Party. Le sentiment partagé est que la souveraineté nationale est bafouée par l’Union européenne. Phénomène nouveau, ces partis veulent fermer les frontières aux non-Européens mais aussi aux Européens eux-mêmes, à l’imitation des Suisses qui ont voté par référendum l’imposition de quotas pour les travailleurs européens sur leur sol.