Tong vs. Birkenstock. Duel au soleil d’été
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Cet article est issu du numéro 131 de Philosophie magazine « Quand est-on soi-même ? », en kiosque le 04 juillet 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Face aux morsures du sable brûlant ou aux rochers des sentiers de randonnée, quel écrin estival offrir à vos pieds ? Un dilemme pas si futile où se joue un match existentiel entre désir et raison.
Vous partez en vacances. Au soleil, j’imagine. Vous avez à cœur le conseil de Victor Hugo pour oublier les « prospérités mortes » : « dormir la tête à l’ombre et les pieds au soleil » (Ruy Blas, 1838). Pour l’ombre de la tête, c’est réglé : panama, stetson, bob ou, mieux encore, canotier. Mais pour les pieds ? Y avez-vous pensé ? Quelles chaussures laisseront au mieux passer la chaleur du soleil tout en exprimant votre philosophie de vie ?
Les Égyptiens de l’Antiquité, qui s’y connaissaient en matière de soleil – ils avaient fait de lui le plus grand de leurs dieux (Râ) –, ont inventé la « tong ». Des archéologues en ont récemment déniché une paire dans le sarcophage de Herishefhotep datant de la Xe dynastie (environ 2130 av. J.-C.). Semelles de papyrus tressé, cordelettes de cuir en forme de Y permettant de glisser le gros orteil… Tout y est ! C’est bien le prototype de notre tong dont le nom, probablement dérivé de l’anglais thong, signifie « lanière », autrement dit : « string » – car il y a un côté érotique dans la tong que les Québécois appellent d’ailleurs « gougoune ».