Humeur
Vague d’indignation
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Cet article est issu du numéro 11 de Philosophie magazine « 11 - été 2007 », en kiosque le 05 juillet 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le drame de ceux qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie nous met face à l’inacceptable. Abdennour Bidar veut rendre cette indignation féconde et défend l’idée d’une compassion active.
« La photo a fait le tour du monde. Elle est le symbole d’une nouvelle limite franchie dans l’odyssée des immigrants clandestins, celle de l’indifférence. Cette photo, c’est celle de 27 immigrants qui ont survécu au naufrage de leur embarcation au large de Malte, en s’accrochant en mer à la partie émergée des cages métalliques destinées à l’élevage de thons », pouvait-on lire dans Le Monde du 31 mai 2007.
Il s’en passe des choses au large de Malte… Des histoires de gros poissons qui ne se prennent dans aucun filet, ni dans ceux des pêcheurs, ni dans ceux de la condition commune, et des histoires de sardines humaines, serrées dans des barques à la dérive, immigrés clandestins qui se prennent dans des filets de thons bien trop gros pour eux. Pour être consommés aussitôt – y a-t-il pêche plus fraîche ? – à la table familiale du Journal de 20 heures.
Lorsque j’ai vu ces images, j’ai eu la nausée. Je me suis mis en colère. Contre quoi ? Une fois de plus contre l’égoïsme de l’Occident, qui se blinde dans sa gated community (communauté fermée) à l’échelle politique.