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Immigration, une panique morale ?

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Immigration, une panique morale ?

Le ministre français de l'Intérieur, Gerald Darmanin (C), réagit à l'annonce du résultat du vote par le président du Sénat français et l’adoption du projet de loi sur l'immigration au Sénat français à Paris, le 14 novembre 2023.© Geoffroy Van Der Hasselt/AFP

 

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Cet article est issu du numéro 175 de Philosophie magazine « Y a-t-il des bons et des méchants ? », en kiosque le 30 novembre 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Alors que le projet de loi sur l’immigration, considérablement durci au Sénat, s’apprête à être voté à l’Assemblée, comment comprendre que les discours politiques sur le sujet sont en tel décalage avec la réalité ?

Ce serait la vingt-neuvième réforme sur le sujet depuis 1980 ! Le projet de loi sur l’immigration présenté par le ministre de l’Intérieur vient d’être voté au Sénat le 14 novembre. La majorité de droite a durci le texte initial. La régularisation des travailleurs sans-papiers dans les métiers dit « en tension », prévue dans l’article 3, était une pierre d’achoppement pour Les Républicains (LR), divisant même au sein des élus macronistes. Cette disposition a finalement été supprimée par la chambre haute : la régularisation n’est plus de « plein droit » mais laissée à la discrétion du préfet. Par ailleurs, ont été supprimées la possibilité pour les demandeurs d’asile de travailler sous certaines conditions, ainsi que l’aide médicale d’État (AME), restreinte à une « aide médicale d’urgence ». Le président LR du Sénat Gérard Larcher indiquait déjà début octobre dans un entretien au Figaro que la droite sénatoriale était prête à aller « jusqu’au bout pour retrouver la maîtrise des flux migratoires. Sur l’immigration, la situation actuelle n’est plus tenable, entre dévoiement du droit d’asile, inflation des visas étudiants et dérive du regroupement familial ». Dont acte.

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