Vers une économie de l'expression
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La reconfiguration des modes de pensée et de connaissance à l’ère numérique étaient au programme des deux journées de réflexion organisées par l'Institut de recherche et d'innovation, lundi 17 et mardi 18 décembre. Frédéric Kaplan, professeur à l'École polytechnique de Lausanne, intervenait à propos des transformations linguistiques mises en œuvre par l’économie numérique.
« 40 milliards de dollars par an, 110 millions par jours, 4 millions par heure. Ce sont les sommes générées par Google et le marché linguistique inédit qu’il a inauguré, fondé sur la vente de mots-clés. Cette réussite tient à deux algorithmes, qui régissent Google : l’un permet de trouver des pages répondant à certains mots ; l’autre affecte à ces mots une valeur marchande.
Capitalisme linguistique. À l’occasion de chaque recherche, Google propose aux internautes de courtes publicités liées à des sites Web d’entreprises. Les annonceurs peuvent choisir les expressions ou mots-clés auxquels ils souhaiteraient voir leur publicité associée. Ils ne paient que lorsqu’un internaute clique sur le lien pour accéder à leur site, après avoir défini au préalable un tarif maximum qu’ils sont prêts à débourser si l’internaute arrive chez eux par ce biais. Mais les calculs faisant qu’une publicité remonte ou pas restent sont plus complexes, impliquant notamment un « score de qualité » défini par Google. Ainsi, ce n’est pas parce qu’un annonceur paye l’enchère maximale qu’il remontera nécessairement en premier sur la page.