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Vincent Mignerot : “Le nucléaire n’a jamais remplacé le pétrole, il s’y ajoute”

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Vincent Mignerot : “Le nucléaire n’a jamais remplacé le pétrole, il s’y ajoute”

Vincent Mignerot. ©Pierre Bongiovanni

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Cet article est issu du numéro 155 de Philosophie magazine « À quoi voit-on qu’on a vieilli ? », en kiosque le 02 décembre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

À l’heure où Rolls-Royce se prépare à construire des mini-centrales moins coûteuses et où le président Emmanuel Macron annonce l’arrivée de nouveaux réacteurs en France, le chercheur Vincent Mignerot explique pourquoi le nucléaire n’est pas une solution au réchauffement climatique.

 

Au Royaume-Uni, Rolls-Royce lance un programme de construction de mini-centrales nucléaires. Qu’en pensez-vous ?

Vincent Mignerot : Je serais tenté de faire une analogie : quand il y a une contrainte énergétique dans un écosystème, l’évolution privilégie parfois les espèces plus petites, à la reproduction plus rapide. De la même façon, dans nos sociétés qui sont soumises à des contraintes énergétiques croissantes, la résilience passe peut-être par une stratégie qui favoriserait les sources d’énergie plus petites, plus adaptables, faciles à mettre en réseau. Ces mini-centrales nucléaires, ou SMR (Small Modular Reactor), qui sont à l’étude depuis longtemps, sont présentées par les industriels comme étant plus « vertes », notamment au Canada où il existe un fort lobbying en leur faveur. L’idée serait de produire de l’électricité pour le civil mais aussi de soutenir l’extraction du pétrole dans l’Alberta [province de l’ouest du pays], laquelle suppose de disposer de fortes quantités d’énergie dans une région isolée. Cependant, la dissémination de petites centrales pose d’autres problèmes, de sécurité, notamment en ce qui concerne la menace terroriste, et de gestion des déchets.

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