Le livre du jour
”Yoga”, d’Emmanuel Carrère
Portrait d’Emmanuel Carrère © Hélène Bamberger/P.O.L
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Dans les récits d'Emmanuel Carrère, il arrive qu'un monstre fasse surface. Qu'il s'agisse de Jean-Claude Romand, le tueur mythomane de L'Adversaire (2000), de Philip K. Dick, auteur schizophrène dans Je suis vivant et vous êtes morts (1993), ou encore d'Édouard Limonov, écrivain et gourou nationaliste russe dans le roman éponyme, ce monstre, le narrateur nous l'amène comme un convive, presque un ami. Il s'arrange pour que nous puissions le fréquenter. L'irruption du pathologique dans le normal est une constante de son œuvre, où le récit se mêle à une part de fiction. Et si, en dernier ressort, le fond de la réalité était un cauchemar, une horreur indicible ? Et si une vie ordinaire était d'abord quelque chose d'invivable ?