Le jour où j'ai rencontré ma fille

Une recension de Victorine de Oliveira, publié le

Avoir des enfants c’est, au choix, entrer dans « le stade éthique de la vie, celui de la société et de la famille » par opposition au stade esthétique du jouisseur, ou s’accoler des « prothèses narcissiques », ou renoncer à écrire des livres, donc à toute vie intellectuelle. De Kierkegaard à Nietzsche en passant par Schopenhauer, les philosophes au mieux se méfient, au pire portent en horreur, la procréation. Une posture qui fut celle du jeune Olivier Poivre d’Arvor, jusqu’à la découverte de sa stérilité sur le tard. Depuis, il est père d’Amaal, 9 ans, née au Togo. Mais entre-temps, ce fut un parcours du combattant. De voyages coûteux en infirmières moqueuses mais compatissantes, de questionnements métaphysiques en spermogrammes et autres examens poético-médicaux, l’« instinctif besoin de donner la vie » garde son secret. Une formule qui ne se résume pas à la transmission des gènes, comme en témoigne le récit de ce père fièrement contre-nature.

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