“L’Imaginaire prédateur” : se libérer du piège identitaire avec Noémie Beslon-Monsacré

Une recension de Alexandre Jadin, publié le

Des agresseurs sexuels aux puissants de ce monde, l’époque est aux prédateurs. Mais que voulons-nous dire par là ? Pour Noémie Beslon-Monsacré, la prédation, plus qu’une métaphore, est un véritable imaginaire, une « logique » au cœur de la pensée identitaire quand elle bascule dans le rejet de l’autre, sous la forme de l’antisémitisme ou du racisme. Cette prédation repose sur un rapport asymétrique entre deux êtres. La substance de l’un (la proie) est exploitée pour nourrir l’autre (le prédateur), de sorte que toute relation est rendue impossible. La reconnaissance même s’effondre : elle laisse place à l’exclusion de l’un des deux du champ de l’humanité commune. Pour appuyer son propos, l’autrice s’arrête sur quatre œuvres littéraires du XXe siècle pour analyser ce registre symptomatique d’un « imaginaire collectif ». 

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