Notre livre de 2013 : “Comment la Terre s’est tue”, de David Abram

Une recension de Martin Legros, publié le

« Sans l’oxygène et le souffle des forêts, sans l’étreinte de la pesanteur, sans la magie tumultueuse des rivières, nous n’avons aucune distance par rapport à nos technologies, aucune possibilité d’évaluer leurs limites, aucune manière d’éviter leur emprise. » À partir d’une question toute simple – pourquoi la terre, les arbres, les rivières ne nous parlent plus comme elle parlait aux humanités orales ? –, David Abram, grande figure de l’écologie, ouvre une enquête sur le silence de la nature qui mêle l’éthologie des peuples sans écriture, l’étude de la Bible et la relecture de la phénoménologie de la perception de Merleau-Ponty. Loin de tout catastrophisme culpabilisateur, son écologie des sens invite chacun à retrouver, à partir de son expérience, l’idée de la profondeur et de la pesanteur du monde charnel. Pour Abram, le mystère de la réalité sensible constitue « la seule pierre de touche » pour s’orienter dans un monde envahi par des artefacts. Un livre qui dégage un rare souffle de pensée et de sensations. 

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