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3 raisons pour écouter, toujours, la Callas

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3 raisons pour écouter, toujours, la Callas

Maria Callas lors de l'émission télévisée “Small World”, en 1958. © CBS Television/Wikimedia Commons

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Alors que « la divina » fait l’objet d’un biopic actuellement en salle, réalisé par Pablo Larraín et où elle est incarnée par Angelina Jolie, nous nous sommes demandé pourquoi, presque cinquante ans après sa mort, la cantatrice exerçait encore une telle fascination. 


 

Voici les trois raisons pour lesquelles la notoriété de Maria Callas (1923-1977) dépasse le cercle des amateurs d’opéra.

Elle met (presque) tout le monde d’accord

Que l’on soit un mélomane chevronné ou non, certains artistes, certaines œuvres font taire les débats sans fin. Même quand on trouve que le jazz, c’est un truc d’intello prétentieux, on se laisse volontiers porter par la trompette du Miles Davis de Kind of Blue. Même quand on se pince le nez devant tout ce qui n’est pas estampillé « musique savante », on reconnaît que le White Album des Beatles, c’est tout de même historique. Et même quand l’opéra n’évoque rien d’autre que des personnages en costume grotesque s’époumonant pour des drames qui ne nous concernent plus depuis belle lurette, il y a fort à parier que la voix de Maria Callas déclenche un étonnement, voire vous fasse verser une petite larme. Adoubée par les critiques musicaux les plus sévères, de son vivant comme des décennies après sa disparition, « la » Callas est une valeur sûre. Aucune chance de vous planter en la citant comme artiste lyrique préférée, avec Casta diva en corollaire, catégorie « air favori » – ou aria, direz-vous, si vous souhaitez encore plus vous intégrer au cercle exigeant des maniaques d’opéra. Si l’on vous interroge sur vos goûts de mélomane en pleine soirée mondaine, Maria viendra toujours à votre secours, de même que Glenn Gould et ses Variations Goldberg de Bach. Vous déclencherez même probablement des cris d’extase et des bras levés au ciel. Le revers de la médaille, c’est qu’on risque de juger que vous manquez d’originalité. Mais au moins, vous aurez passé l’épreuve de la distinction décrite par Pierre Bourdieu. L’opéra est en effet encore largement une prérogative des classes dominantes, pour lesquelles se rendre à une « première » relève du rituel et de la parade sociale. C’est un art qui relève des pratiques culturelles légitimes – par opposition à un concert de variété française ou de pop, par exemple. En maîtriser les codes, le vocabulaire et l’univers permet une forme de reconnaissance sociale entre pairs, pas nécessairement mélomanes avertis d’ailleurs – nombreux seraient bien en peine de dire précisément pourquoi la Callas sort à ce point du lot. Pas besoin en effet d’une connaissance scientifique de l’objet culturel « opéra », il suffit de le pratiquer en souscrivant à un abonnement, en devenant mécène, en ne jurant que par « la direction de Giulini, indépassable ». La Callas est au contraire une référence relativement transclasse, si populaire et iconique qu’elle peut servir de clé d’entrée dans un club a priori sélect.

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