Abd al Malik. Le mot juste
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Cet article est issu du numéro 133 de Philosophie magazine « 133 - octobre 2019 », en kiosque le 26 septembre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
“Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde”, écrivait Albert Camus. Abd al Malik s’échine donc à trouver les bons mots. Rendant hommage à un certain “Art de la révolte” (Fayard, 2016), il a fait du philosophe un frère, dont il adapte aujourd’hui “Les Justes”. De cette pièce de théâtre, il tire une “tragédie musicale”, jouée du 5 au 19 octobre au Théâtre du Châtelet, où il est question de l’engagement, de faire entendre sa voix. La voix, cette “vibration vitale de l’individu”, importe tant au poète Malik. Lui qui fait rimer Spinoza, Deleuze ou Derrida réfléchit au sens de la responsabilité jusque dans son dernier livre, “Méchantes Blessures” (Plon, 2019). Le rappeur en est sûr : avec elles, il faut apprendre à se construire.
Qu’est-ce qui vous révolte ?
De vivre dans une époque où le statu quo est une idéologie en soi. Comment se positionne-t-on dans le monde, comment faire pour que nos valeurs humanistes ne soient pas uniquement des mots ?
De quelle illusion vous bercez-vous ?
En croyant à l’amour, je me lève chaque matin avec de l’espérance. Et si l’amour est une illusion, j’aimerais la rendre réelle.
Un dieu ? Un maître ?
Je pratique le soufisme. Cette démarche spirituelle me préserve de l’immobilisme.