Élections US
Américains, encore un effort pour devenir (vraiment) démocrates !
L’urne transportant les voix du Collège électoral est amenée devant le congrès, à Washington DC (États-Unis), le 6 janvier 2017. © Zach Gibson/AP/SIPA
C’est le jour J. Mardi 3 novembre, les Américains sont appelés aux urnes pour désigner leur futur président. Qui du démocrate Joe Biden ou du républicain Donald Trump arrivera en tête ? Si les sondages semblent favorables au premier, il serait hâtif de le déclarer vainqueur avant le dépouillement du dernier vote. En effet, le système des grands électeurs, qui a valu à Hillary Clinton sa défaite en 2016, pourrait de nouveau faire élire le candidat ayant recueilli le moins de voix. Dans cette tribune, le spécialiste de philosophie antique Pierre Vesperini livre une analyse cinglante de ce mode de scrutin, source bien des mystifications selon lui.
C’est que, selon lui, les États-Unis sont une oligarchie et non une démocratie. Les origines du Collège électoral américain sont à trouver dans l’Antiquité et la défiance qu’éprouvent de nombreux philosophes antiques envers la démocratie directe. L’idéal des riches propriétaires rédacteurs de la Constitution en 1787 était, comme dans l’Antiquité, celui d’une constitution articulant monarchie, démocratie et oligarchie… avec toutefois une nette préférence pour cette dernière. Contrairement aux idées reçues, Trump n’est pas une anomalie du système américain mais le vrai visage d’une aristocratie qui a oublié le peuple.
C’est pourquoi, argumente Pierre Vesperini, il faut que les États-Unis suppriment le Collège électoral pour devenir une vraie démocratie.