États-Unis / Politique
Donald Trump : la tentation du “César rouge”
Donald Trump. © Mike Segar/AP/Sipa
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Cet article est issu du numéro 176 de Philosophie magazine « Comment prendre la bonne décision ? », en kiosque le 11 janvier 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Probable candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de 2024, Donald Trump a affirmé à la télévision ne vouloir être « dictateur » que pour « un jour seulement », s’il était réélu. L’ancien président ravive un scénario cher à une frange de la droite radicale : l’arrivée au pouvoir d’un « César rouge ».
Le césarisme serait en Amérique la seule alternative envisageable à une guerre civile ou à une sécession d’après l’essayiste Michael Anton. Dans The Stakes: America at the Point of No Return (« Enjeux. L’Amérique au point de non-retour », Regnery Publishing, 2020 ; non traduit), il prend soin de le distinguer de la tyrannie : « Il est possible de définir le césarisme comme le règne autoritaire d’un homme seul, rendu partiellement légitime par la nécessité. Cette nécessité, c’est l’effondrement de la règle constitutionnelle républicaine – ou, pour le dire brutalement, la corruption du peuple. » Deux types existent selon lui, en référence aux couleurs des partis démocrate et républicain : le « César bleu » serait un représentant des élites dirigeantes, le « César rouge », celui de la « multitude des gens ordinaires ». Cet autocrate pourrait arriver au pouvoir grâce à un coup d’État militaire, mais le plus probable, pour Anton, serait qu’il gagne l’élection présidentielle et refuse de céder le pouvoir au terme de son mandat.