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Lévi-Strauss, anti-humaniste ou humaniste d’un nouveau genre ?

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Lévi-Strauss, anti-humaniste ou humaniste d’un nouveau genre ?

© Bouquins

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Avec le Dictionnaire Lévi-Strauss (Bouquins, la collection, 2022), Jean-Claude Monod et une trentaine de chercheurs montrent que le grand ethnologue a révolutionné la pensée du XXe siècle – et pas seulement sa discipline. Contre l’humanisme traditionnel qui plaçait l’être au-dessus de tout ce qui existe, Lévi-Strauss plaidait pour une nouvelle intégration de l’homme dans le vivant.

 

Figure majeure de l’anthropologie du XXe siècle dont les travaux sur l’alliance et la parenté, l’échange et la réciprocité, le symbolisme et le totémisme, la mythologie et le rite font autorité, Claude Lévi-Strauss (1908-2009) n’en était pas moins philosophe. Un grand philosophe, de surcroît.

En parcourant le passionnant et volumineux Dictionnaire Lévi-Strauss (Bouquins, 2022), dirigé par Jean-Claude Monod et nourri des contributions d’une trentaine d’universitaires (Vincent Debaene, Emmanuelle Loyer, Lucie Fabry, Martin Rueff, Michaël Fœssel, Frédérick Keck, Denis Kambouchner, Patrice Maniglier, Karol Beffa…), on mesure le souffle philosophique au cœur d’une œuvre qui a renouvelé le paysage de la pensée grâce à la connexion avec la linguistique structurale de Roman Jakobson.

Rupture avec la philosophie académique

Après sa thèse sur Les Structures élémentaires de la parenté (soutenue en 1948, éditée en livre l’année suivante), son récit si poétique Tristes Tropiques, paru en 1955, lui confère le statut d’un écrivain. En 1959, il est élu au Collège de France et publie trois livres en quatre ans : Anthropologie structurale, Le Totémisme aujourd’hui et La Pensée sauvage, paru en 1962, qui bouleverse la carte intellectuelle du temps. Ces trois ouvrages imposent définitivement le structuralisme comme une méthode nouvelle dans le champ des sciences humaines.

Rassemblant les éléments d’une pensée située au point de rencontre, et parfois de friction, entre de multiples disciplines – philosophie, anthropologie, linguistique, sociologie, mythologie comparée, histoire de l’art, poétique... –, ce Dictionnaire éclaire aussi, comme le dit Jean-Claude Monod, « le regard que nos sociétés portent sur “les autres”, et d’abord sur ces peuples qu’on appela longtemps “primitifs” et, par là, sur nous-mêmes, sur l’humanité dans son unité et dans ses différences ».

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