International
Donald Trump et la tentation du “César rouge”
New York (États-Unis), le 7 décembre 2023. Devant la Cour suprême de l’État de New York, l’ancien président des États-Unis Donald Trump assiste au procès pour fraude civile de sa société la Trump Organization. © Mike Segar/Pool via AP/Sipa
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En affirmant que s’il était réinvesti en 2024, il ne serait dictateur « que le premier jour », Donald Trump ne livre pas seulement un aveu inquiétant sur ses dispositions alors que les sondages le créditent de toutes les chances d’être réélu président des États-Unis ; il s’inscrit dans un courant intellectuel qui monte aux Amériques dans les milieux conservateurs, inspiré de la pensée antique, et qui assume qu’en situation de crise, le choix du césarisme peut s’imposer. Éclairage avec l’essayiste Michael Anton et le philosophe Leo Strauss.
Un énième point commun entre Rome et les États-Unis ?
« How often do you think about the Roman Empire ? » Cet automne, une drôle de tendance s’est emparée du réseau social TikTok : des femmes s’y filment en train de demander à leur compagnon à quelle fréquence ils pensent à l’Empire romain. Réponse : bien plus souvent qu’on le croit ! L’épisode a poussé journalistes et historiens à s’interroger, une nouvelle fois, sur les résonances qu’offre notre époque avec la fin de la République romaine et l’avènement de l’Empire. Un nom revenait souvent dans leurs textes ou entretiens : celui de Donald Trump. Trois ans après l’invasion du Capitole, le 45e président des États-Unis, et probable candidat républicain en 2024, se montre effectivement plus romain que jamais, entre promesses de proscriptions (« En 2016, je déclarais : je suis votre voix. Aujourd’hui, j’ajoute : je suis votre guerrier, je suis votre justice et, pour ceux qui ont été floués et trahis, je suis vos représailles ») et vocation de dictateur mais, rassurons-nous, juste pour un jour. De quoi alimenter une nouvelle fois les comparaisons, récurrentes depuis son ascension, entre Trump et les tyrans romains en général, et César en particulier. Une comparaison qu’alimente, de manière plus souterraine, le rêve ou scénario esquissé depuis plusieurs années par une partie de la droite radicale américaine : celui de l’arrivée au pouvoir d’un « César rouge ».