Environnement

Fonds marins : un monde océanique menacé par les logiques terrestres ?

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Fonds marins : un monde océanique menacé par les logiques terrestres ?

© Marek Okon/Unsplash

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Les projets d’extraction minière sous-marine se multiplient ces dernières années. Une étude récente réalisée conjointement par des chercheurs de l’université d’Exeter et l’organisation Greenpeace alerte sur les dégâts environnementaux que ces nouvelles industries pourraient causer. Un traité international vient d’être signé, visant en partie à préserver ces espaces sous-marins mystérieux, qui sont bien plus qu’un simple prolongement de la terre sous les eaux. Entre exploitation et exploration, retour sur le rapport ambigu des hommes aux fonds marins.


 

Dans un monde où la finitude de ressources se fait de plus en plus palpable, les fonds marins font, pour beaucoup d’entrepreneurs, figure de nouvel eldorado. Les océans, qui recouvrent plus des deux tiers de la surface du globe, dissimulent des gisements potentiellement gigantesques de matières premières. Pendant longtemps, ces ressources sont demeurées inaccessibles à l’homme. Mais la convoitise qu’elles suscitent est de plus en plus exacerbée par les possibilités nouvelles d’extraction offertes par le progrès technique.

L’âge des plateformes pétrolifères

Certaines ressources, notamment énergétiques, font à vrai dire déjà l’objet d’une exploitation partielle depuis plus d’un siècle. Dès 1887, des puits de pétrole sont forés sur le site de Summerland, au large de la côte californienne. En 1911 est construite la première plate-forme, « Ferry Lake No.1 ». Installée sur le lac Caddo, la structure inspirera le développement des premières grandes plateformes en mer, dans le golfe du Mexique notamment, où sont découverts des gisements d’hydrocarbure en 1934.

Les sites d’extraction d’énergies fossiles en mer sont potentiellement très nombreux. Comme le note Roberto Casati dans Philosophie de l’océan (PUF, 2022), « le plancton (dans chaque litre d’eau de mer, il y a entre dix et cent milliards de micro-organismes) […] en mourant […] se dépose sur les fonds et année après année, millimètre après millimètre de matière organique, crée les montagnes de calcaire et les gisements pétrolifères que depuis quelques générations nous pillons. » Et d’ajouter : « L’échelle temporelle compressée est un autre signe de la manière dont les êtres humains sont aujourd’hui la mesure de toute chose : en une année, nous brûlons le résultat d’un million d’années de travail effectué par le plancton pour nous ; en une heure de voiture, le patient travail de plus d’un siècle. »

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Généalogie, enjeux et limites de l’exploitation minière sous-marine