La citation

“L’enfer, c’est les autres” : la citation de Sartre commentée

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Jean-Paul Sartre en avril 1961

Jean-Paul Sartre en avril 1961. © Leemage/AFP

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C’est l’une des citations les plus célèbres de l’histoire de la philosophie occidentale, et sans doute la phrase la plus connue de Jean-Paul Sartre : « L’enfer, c’est les autres. » Sa notoriété, cependant, n’empêche pas les incompréhensions. Sartre lui-même en était conscient : « “L’enfer, c’est les autres” a été toujours mal compris. » Que veut dire exactement par là le père de l’existentialisme ?


 

Il faut d’abord replacer la phrase dans son contexte. Elle est prononcée par Garcin, l’un des trois protagonistes de la pièce Huis clos (créée en 1944, publiée en 1947) qui se retrouvent en enfer. Cet enfer, cependant, n’a rien à voir avec la représentation traditionnelle – dont Sartre, l’athée, se fait un malin plaisir à subvertir les représentations théologiques pour en faire un lieu finalement tout ce qu’il y a de plus terrestre : « pas besoin de gril », de torture physique et autres châtiments orchestrés par un diable surnaturel.

Pour chacun des trois personnages, « l’enfer, c’est les autres », l’enfermement dans une pièce sans issue, dans un vis-à-vis permanent avec ses deux autres codétenus. Pas besoin de bourreau pour supplicier les damnés ; « le bourreau, c’est chacun de nous pour les deux autres », comprend Inès. En quel sens les autres sont-ils des bourreaux ? C’est ici qu’il faut prendre garde aux interprétations trop rapides.

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Quand Sartre s’expliquait sur une phrase célèbre et “mal comprise”