États-Unis / Politique

Roger Barkowitz : “Pour neutraliser Trump, il aurait fallu jouer la carte du pardon”

Temps de lecture : 3 min

Roger Barkowitz : “Pour neutraliser Trump, il aurait fallu jouer la carte du pardon”

Roger Berkowitz. © Karl Rabe

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 177 de Philosophie magazine « Que peut-on opposer à la violence ? », en kiosque le 15 février 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Alors qu’il est poursuivi par plusieurs tribunaux, Donald Trump est en train de s’imposer dans les primaires républicaines pour les prochaines élections présidentielles. Le philosophe Roger Berkowitz éclaire les raisons de cet étonnant retour et les erreurs commises par son adversaire Joe Biden. 

 

Comment expliquer le retour de Donald Trump ?

Roger Berkowitz : Après l’assaut contre le Capitole, j’étais convaincu que Trump perdrait le soutien du parti républicain. Si sa base populaire, composée d’une partie de la classe ouvrière et des évangélistes, lui était restée fidèle, la plupart des responsables républicains avaient alors pris leurs distances. Mais depuis, ils sont revenus. Même les membres les plus éduqués et éclairés de ce parti le soutiennent dorénavant, alors qu’ils savent qu’il a essayé de « voler » l’élection et qu’il est dangereux.

 

Pour quelle raison ?

Le premier élément d’explication a un nom : Joe Biden. À mon sens, il a été un très mauvais président. Je ne parle pas de ses décisions, plutôt bonnes, sur l’Ukraine, l’économie ou l’écologie. Mais il considère qu’il n’a pas à se justifier. C’est un piètre communicant. Il ne parle jamais sans un téléscripteur et ne répond pas aux questions à la volée. Il apparaît comme un président élitiste et antidémocratique, qui gouverne comme un fonctionnaire intouchable avec un certain dédain pour le peuple américain. Prenez l’économie ou l’immigration. Si le taux d’emploi est très haut, l’inflation fait que les gens s’endettent pour consommer, leur travail ne leur donne pas un pouvoir d’achat suffisant. Et Biden leur dit qu’ils devraient être contents. Cette arrogance déconnectée de toute expérience les rend furieux. Quant à l’immigration, c’est le grand enjeu du moment : les gens ont le sentiment qu’on entame les politiques publiques pour subvenir aux besoins des migrants. Cela les met en colère. Or Biden n’en parle jamais.

Cet article est réservé aux abonnés