États-Unis
Joe Biden fait-il vraiment bouger les lignes ?
Le 11 mars 2021, à la Maison-Blanche (Washington, DC), le président des États-Unis Joe Biden s’apprête à s’adresser aux Américains. © Adam Schultz/White House/Planet Pix via ZUMA Wire/Maxppp
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On le jugeait mou, centriste, éteint. Mais avec son plan de 1 900 milliards de dollars pour relancer une économie sinistrée par le Covid-19, Joe Biden donne l’impression de faire profondément bouger les lignes de la politique américaine. Alors, nouveau « New Deal » ? Tout dépend du comportement du camp républicain, pour l’instant uni… contre Joe Biden.
La promulgation le 11 mars aux États-Unis d'un plan de relance massif de 1 900 milliards de dollars pour faire face à la crise provoquée par le virus Covid-19 a suscité d'abondantes comparaisons historiques dans la presse américaine. Joe Biden, selon le chroniqueur du New York Times David Brooks, est un « président transformationnel » en train de mettre en œuvre un « 1981 inversé », référence au début de la révolution néolibérale de Ronald Reagan. Le Wall Street Journal estime que c’est la première fois depuis cette époque qu’une administration fraîchement entrée en fonctions se livre à « un pari aussi énorme ».
Avec 1981, une autre date revient souvent, 1933, celle du lancement du « New Deal » de Franklin D. Roosevelt. Des moments rétrospectivement vus comme des tournants de l’histoire américaine, alors que les campagnes des deux hommes, pas plus que celle de Biden, n’avaient pas spécialement marqué les esprits – Roosevelt avait mené une campagne plutôt vague, tandis que Reagan ne s’était que tardivement détaché face à Jimmy Carter. Les élections de 1932 et de 1980 sont pourtant désormais considérées, selon une expression empruntée au politiste V. O. Key, comme des « élections critiques » qui ont provoqué un profond « réalignement » de la politique américaine. Parlera-t-on un jour dans les mêmes termes de celle de 2020 ?