La justice et le droit
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Si, étymologiquement, la justice et le droit sont très proches (jus, juris, qui donne l’adjectif « juridique »), la justice est aussi une catégorie morale et même, chez les anciens, une vertu. Nous pouvons tous être révoltés devant une situation d’injustice : la justice est aussi un sentiment. Cette unanimité se perd cependant quand nous passons de la morale (ou de la justice) au droit, car les règles sont alors variables suivant les pays : il y a donc un écart entre ce qui est légitime (qui relève du droit naturel) et ce qui est légal (qui dépend du droit positif, le droit écrit, « posé » dans une constitution). Idéalement, cet écart devrait être nul dans un État de droit, avec une constitution fondée sur les droits de l’homme imprescriptibles (on ne peut pas les donner) et inaliénables (on ne peut pas les enlever). La justice sociale consiste à rendre à chacun ce qui est le sien (selon son mérite ou selon ses besoins) et la justice pénale, par l’intervention d’un tiers (le juge), à mettre un terme à la vengeance.
Exemples
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L’anneau de Gygès
Dans le livre de Platon La République, Glaucon raconte l’histoire du berger Gygès qui, ayant trouvé un anneau magique capable de le rendre invisible, en abuse pour séduire la reine de Lydie et tuer le roi pour prendre sa place. Glaucon croit que chacun agirait comme Gygès s’il possédait cet anneau. La justice n’est alors que le résultat du regard des autres : nous la respectons par peur d’être blâmés, mais si l’impunité était garantie, nous n’hésiterions pas à être injustes. Socrate conteste cette réduction de la justice à l’hypocrisie sociale et y voit une vertu cardinale conditionnant l’équilibre de l’âme et de la cité.