Après la révolution, le retour de bâton ?
Sondage réalisé par Ipsos pour Philosophie magazine les 11 et 12 janvier 2013 sur un échantillon national représentatif des 961 individus âgés de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.
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Cet article est issu du numéro 67 de Philosophie magazine « 67 - mars 2013 », en kiosque le 21 janvier 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Près d’une moitié des sondés estime que la sexualité occupe une place trop importante dans la société. Omniprésente dans les médias et la publicité, déclinée sous toutes les formes et dans toutes les positions sur Internet, elle semble provoquer un sentiment de lassitude ou de ras-le-bol. L’âge d’or de l’émancipation sexuelle a vécu : seuls 9 % des sondés estiment que le sexe est bridé et censuré. Notons malgré tout que l’irritation ne signifie pas un retour au moralisme. En effet, 41 % des sondés considèrent que le sexe est à sa juste place. Concernant les manières de vivre la sexualité, une demande de règles et d’interdits émerge en même temps que la primauté du plaisir sexuel est contestée – certainement au profit des sentiments.
Et si un philosophe vous faisait une proposition ?
Dans la deuxième question de notre sondage, nous avons soumis aux sondés cinq énoncés sur le sexe fondés sur des hypothèses philosophiques.
A - Le sexe est d’autant plus intéressant qu’il y a de la pudeur et certains interdits, selon Bataille
Sans règles, pas de transgression. À travers ses romans érotiques et ses essais (La Part maudite, L’Érotisme, La Littérature et le Mal), Georges Bataille (1897-1962) lie la jouissance à la transgression. Cette proposition est plébiscitée, comme pour faire barrage à la banalisation du sexe qui risque de faire disparaître ce frisson qui lui donne tant de prix. Mais il faut noter que l’appel à la pudeur et aux interdits peut également signifier, plus classiquement, un désir de ne pas céder au chaos sexuel et de demeurer à l’intérieur de certaines limites. Les personnes proches du Modem, donc d’une forme de démocratie chrétienne, sont tout à fait d’accord à 38 %, tandis que les proches du parti communiste et du Front de gauche le sont à 20,2 %.