Solstice d’hiver

“Aujourd’hui, nous célébrons la naissance nouvelle du soleil !”

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La course du soleil pendant le solstice d’hiver au 60e parallèle nord. Montage séquentiel réalisé à partir de photos prises lors de la journée la plus courte de l’année, en décembre 2007 à Turku (Finlande)

La course du soleil pendant le solstice d’hiver au 60e parallèle nord. Montage séquentiel réalisé à partir de photos prises lors de la journée la plus courte de l’année, en décembre 2007 à Turku (Finlande). © Pekka Parviainen/SPL/sciencephoto.fr

Nous fêtons aujourd’hui le solstice d’hiver – le jour le plus court de l’année. À partir de maintenant, les jours commencent à rallonger. Un tournant dans l’année que Goethe attendait avec une grande impatience chaque année, comme en témoignent ses contemporains.

 

  • Johann Wolfgang von Goethe souffrait beaucoup, nous renseignent ses contemporains, entre le début de l’hiver et le solstice. « Il passe les semaines qui précèdent le jour le plus court dans un état d’affaissement et de tristesse », témoigne Johann Peter Eckermann dans ses Conversations avec Goethe (1836). Début décembre 1823, il raconte : « Je demandai à Goethe comment il se trouvait : “Je ne suis pas aussi mal que Napoléon sur son île !”, dit-il en soupirant. Son état maladif, à mesure qu’il se prolonge, semble peu à peu l’affecter beaucoup. » Elme-Marie Caro, l’auteur de La Philosophie de Goethe (1866), explique : « Goethe vit par l’âme et par les sens. Il vit en communication mystérieuse avec la nature dont il a senti si profondément la vie secrète. » Il se fane comme se flétrit le monde autour de lui. « Ses forces s’en allaient avec le soleil disparaissant ».
  • Tout change, cependant, le jour du solstice. Eckermann raconte cette journée si singulière du 21 décembre 1823 : « Goethe avait retrouvé aujourd’hui toute sa bonne humeur. Nous avons atteint le jour de l’année le plus court, et l’espérance de voir maintenant chaque semaine les jours augmenter rapidement, semble exercer sur lui l’influence la plus heureuse : “Aujourd’hui, nous célébrons la naissance nouvelle du soleil !”, s’écria-t-il joyeusement en me voyant entrer ce matin chez lui. » Et Caro de commenter : « La bonne humeur, la santé, toute l’activité de son esprit, tout son génie était revenu comme par enchantement. Les influences mauvaises étaient dissipées ; l’hiver et la nuit s’étaient enfuis de son âme ; il se sentait renaître avec le soleil. » Le grand poète allemand serait-il de nos jours diagnostiqué comme souffrant de trouble affectif saisonnier ?
  • Si le solstice d’hiver est le jour le plus court et le plus sombre de l’année, le cœur de la saison froide, il en est aussi le tournant. Désormais, les jours cessent de décroître. La lumière, qui semblaient perdre son combat contre la nuit, reprend lentement l’avantage. Un espoir, une promesse : celle du printemps à venir, qui déjà s’annonce dans cette reconquête discrète du soleil.
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Mélancolie