Florilège

Les philosophes et l’hiver

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Keisai Eisen (1790-1848), “Paysage d’hiver”, estampe ukiyo-e, époque d’Edo (1603-1868)

Keisai Eisen (1790-1848), “Paysage d’hiver”, estampe ukiyo-e, époque d’Edo (1603-1868). © Metropolitan Museum of Art

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L’hiver, plus belle saison de l’année ? C’est bien l’avis de Thoreau, Baudelaire ou encore Emerson. Florilège de leurs odes à la glace, à la neige et au froid.

 

« Quel feu pourrait jamais égaler le soleil d’un jour d’hiver […] ? La chaleur vient directement du soleil, elle ne rayonne pas depuis la terre, comme en été. Lorsque nous sentons ses rayons dans notre dos, alors que nous foulons du pied un dell enneigé, nous remercions sa bonté singulière. Nous bénissons le soleil qui nous a suivis dans ce lieu » 

 

Henry David Thoreau, Balade d’hiver (1888)

 

« Lorsqu’au plus plus profond d’une nuit d’hiver, une tempête de neige entoure le refuge et recouvre tout, alors le grand moment de la philosophie est venu » 

 

Martin Heidegger, cité par Pierre Bourdieu

 

« Je redécouvrais à Tipasa qu’il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l’injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l’ancienne beauté, un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m’avait jamais quitté. C’était lui qui pour finir m’avait empêché de désespérer. J’avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers ou nos décombres. Le monde y recommençait tous les jours dans une lumière toujours neuve. Ô lumière ! c’est le cri de tous les personnages placés, dans le drame antique, devant leur destin. Ce recours dernier était aussi le nôtre et je le savais maintenant. Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible »

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