Ma préférence à moi #1

Aung San Suu KYI, la grâce

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Cet article est issu du numéro 40 de Philosophie magazine « 40 - juin 2010 », en kiosque le 27 mai 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Qui trouvez-vous très beau ? Sept auteurs – philosophes, sociologues, psychanalystes, romanciers, historiens ou ethnologues – nous répondent. Et révèlent, en creux, le point tendre de leur recherche intellectuelle.

Aung San Suu Kyi a la grâce. C’est une étrangeté. Il n’y avait aucune raison pour qu’elle soit si belle, on ne l’a pas payée pour ça, Bernard-Henri Lévy n’a pas tourné Burma ! Personne n’a fait le casting de ce film terrible et personne ne sait comment il finira.

Elle a la beauté des femmes d’Asie, le nez minuscule, la perfection des pommettes. Une réserve dans les plus grands sourires. Quelque chose de gracile et d’aristocratique. Quand la junte birmane l’arrêta, en 1989, nous fêtions le bicentenaire de la Révolution française. Ici, on ne sait pas grand-chose d’elle. Là-bas, elle est un mythe, c’est la fille d’Aung San, le père de la libération, dont le visage figure sur les billets de banque. Lui, le héros assassiné. Elle, l’héritière qui revient, portant l’espoir d’un peuple. Un scénario à la Benazir Bhutto, qui accède, dans ces années-là, au pouvoir au Pakistan.

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