La petite question

C’est quoi, une belle ville ?

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C’est quoi, une belle ville ?

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Critiquée pour sa gestion de l’urbanisme, la ville de Paris va se doter d’un « manifeste pour la beauté ». Mais peut-on vraiment se mettre d’accord sur des critères esthétiques objectifs ? Oui, affirmait Alain de Botton dans L’Architecture du bonheur (Mercure de France, 2007).

 

La beauté peut-elle être définie objectivement par certains critères déterminés et universels, ou bien n’est-elle au fond qu’affaire d’estimation subjective, de goût individuel ? Telle est certainement la question qui traverse toute pensée esthétique. Et pour y répondre, peut-on se contenter de réciter le célèbre « Est beau ce qui plaît universellement sans concept » de Kant ? Dans une certaine mesure, nous sommes tous portés à considérer que nous parlons pour tout le monde, lorsque nous disons d’une chose qu’elle est « belle ». De l’autre, difficile d’éclipser les interminables débats en la matière qui témoignent, semble-t-il, de la difficulté à se mettre d’accord sur le beau.

Le problème peut sans doute rester dans un état de relative indétermination quand l’œuvre – peinture, musique, sculpture, etc. – fait l’objet d’une appréciation ponctuelle, occasionnelle, dans l’enceinte d’un musée ou d’un appartement. Il en va tout autrement de l’architecture, et plus encore de l’urbanisme… car alors, la beauté et la laideur concernent tout le monde au quotidien, et en permanence. L’architecture et l’urbanisme configurent la forme concrète, sensible, de l’espace commun. La question de leur valeur esthétique se pose immanquablement puisqu’elle prend une dimension politique, dont la plupart des œuvres sont dépourvues de prime abord. De plus, les études statistiques confirment que le bonheur d’un individu est corrélé à la perception qu’il a de son cadre de vie. L’architecte et l’urbaniste ne peuvent pas, de ce point de vue, se permettre la même fantaisie, la même liberté que la plupart des artistes. Leurs réalisations engagent l’ensemble de la collectivité.

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