Bénabar, le clown triste

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Cet article est issu du numéro 55 de Philosophie magazine « 55 - hiver 2011 », en kiosque le 24 novembre 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Bénabar, alias Bruno Nicolini, avoue avoir appris la trompette pour imiter les clowns. Amoureux des textes, il poursuit avec le chant. Il puise chez Zola et Balzac, dont il admire la beauté du trait, chez Souchon, Renaud, mais aussi chez Claude Sautet pour sa façon de dépeindre « le monde avec bienveillance, comme par la fenêtre d’un bistrot ». La chanson, il la veut populaire. Malgré un disque de diamant, il confie douter. Il tire de son absence de certitudes des bénéfices. La preuve avec… Les Bénéfices du doute, son sixième album, dont la sortie est prévue le 5 décembre. En tournée dès février 2012, il sera au Zénith de Paris, en mars.

Quel est votre démon ?

La tristesse.

Quel penseur vous accompagne ?

Balzac. Je lui dois le titre de mon premier album, La P’tite Monnaie.

Le sophiste qui vous exaspère le plus ?

Le sophiste qui, sous prétexte de lutter contre le politiquement correct, s’en sert comme d’un élément dialectique pour railler l’amour, le respect, la générosité…

La question qui vous tourmente ?

La ringardise.

Quel lieu se rapproche, pour vous, de la cité idéale ?

Saint-Mandé, ma maison. Je vis bien là où mes enfants habitent.

La chose la plus grotesque que vous ayez faite par amour ?

Être devenu un clown. L’amour des autres me pousse à vouloir les divertir.

Le banquet de votre vie ?

Il a déjà eu lieu, chez moi. J’ai préparé à dîner à des grands chefs, des amis.

La maxime du bien que vous aimeriez transmettre à vos enfants ?

Tire les bénéfices du doute.

L’animal que vous préférez à l’homme ?

Le loup. Il incarne bien nos déterminismes.

De quoi n’avez-vous pas encore accouché ?

D’une chanson vraiment populaire, qui entrerait dans la vie des gens.

Votre truc pour corrompre la jeunesse ?

Les intéresser à la politique.

La belle mort selon vous ?

Entouré de mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants…