Dossier / “Comment cultiver la bonne humeur ?”

Clowns à “care” ouvert

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Clowns à “care” ouvert

© Vincent Muteau

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Cet article est issu du numéro 178 de Philosophie magazine « Comment cultiver la bonne humeur ? », en kiosque le 21 mars 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Comment faire naître un sourire dans un milieu qui, a priori, ne s’y prête guère ? C’est la mission des clowns de l’association Le Rire médecin, qui accompagnent enfants et adolescents malades. Nous sommes allés à leur rencontre à l’hôpital Ambroise-Paré AP-HP, en banlieue parisienne. 

 

Miss TNT et Méphisto Balthazar. Ce sont les pseudonymes choisis respectivement par Lucie Segard et Ami Hattab, tous deux clowns au sein de l’association Le Rire médecin. Celle-ci existe depuis trente-deux ans avec pour ambition d’accompagner les enfants et les adolescents dans l’épreuve de la maladie. Nous sommes allés à leur rencontre afin de découvrir leurs « trucs » pour faire naître la bonne humeur là où elle n’a rien d’évident. Nous les retrouvons à l’hôpital Ambroise-Paré AP-HP de Boulogne-Billancourt, un matin de février. Ils s’échauffent depuis une vingtaine de minutes dans une petite salle qui fait office de vestiaire et nous confient l’importance de « s’accorder », car de « la relation entre les deux clowns » dépend l’humeur générale de la matinée.

Avant d’entrer en « scène », les deux nez rouges ont en tête l’échange préalable avec l’équipe soignante à propos des pathologies des jeunes patients : tentatives de suicide, troubles du comportement alimentaire, cancers… « On doit connaître l’état de santé des enfants pour adapter notre jeu », souligne Ami, comédien de formation, qui intervient à l’hôpital depuis vingt-cinq ans. Plus jeune, Lucie n’en a pas moins d’expérience, ayant été infirmière en psychiatrie. « L’hôpital, c’est un lieu de vie, confie-t-elle. J’ai choisi ce métier parce qu’il s’y passe des choses fortes. » Dans le service, les deux comparses ne s’imposent pas. En sortant du vestiaire, Balthazar accorde d’abord son ukulélé sur des airs andalous, avant de reprendre l’hymne du Livre de la jungle – « Il en faut peu pour être heureux » –, prolongeant l’échauffement. Ils avancent à tâtons dans ce milieu qu’ils connaissent pourtant bien, à l’affût des situations, comme lorsqu’ils croisent un nouveau-né dans les bras de son père. Ils improvisent une comptine ; elle amuse autant l’enfant qu’elle fait sourire son père, les infirmiers et les médecins présents. 

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