Irène Frachon. Le cri du care

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Irène Frachon. Le cri du care

Irène Frachon en 2014 © Claudia Imbert pour PM

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Cet article est issu du numéro 85 de Philosophie magazine « 85 - décembre 2014-janvier 2015 », en kiosque le 27 novembre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

[Mon cœur, adapté de la trajectoire d’Irène Frachon, est présenté au Théâtre des Bouffes du Nord (Paris) jusqu’au 1er avril 2017] Pneumologue, elle a été la première à lancer l’alerte sur le scandale du Mediator, ce médicament soupçonné d’avoir causé plus d’un millier de morts. L’attention de cette protestante, disciple d’Albert Schweitzer, envers les patients et leurs proches s’inscrit dans le droit fil de la pensée du care.

 

En ce matin de juillet, attablée à un café, Irène Frachon semble nerveuse. L’après-midi, elle se rend au ministère de la Justice pour défendre une énième fois les victimes d’un scandale sanitaire qui pourrait être à l’origine de près de 1 800 décès. Sept ans plus tôt, en février 2007, cette pneumologue du CHU de Brest lançait à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM, ex-Afssaps) la première alerte de pharmacovigilance à propos d’un médicament prescrit dans le traitement du diabète de type 2 : le Mediator. Mais lanceuse d’alerte, elle l’est devenue malgré elle. Contrairement à Edward Snowden qui s’est sacrifié pour une cause, celle de la surveillance de masse par la National Security Agency, Irène Frachon a préféré mettre en avant les premiers concernés par cette affaire : ses patients.

Irène Frachon en 6 dates

  • 1963 Naît à Boulogne-Billancourt 
  • 2007 Repère un premier cas d’hypertension artérielle pulmonaire chez un patient traité par Mediator 
  • 2009 Le Mediator est retiré de la vente en raison de risques de valvulopathie 
  • 2010 Fait paraître Mediator 150 mg. Combien de morts ? (Éd. Dialogues). Les laboratoires Servier saisissent la justice pour faire censurer le sous-titre de l’ouvrage, en vain 
  • 2011 Reçoit le prix Éthique catégorie Lanceur d’alerte citoyen remis par l’association Anticor 
  • 2013 Les experts judiciaires estiment que le Mediator a causé entre 1 300 et 1 800 décès
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