Royaume-Uni / Santé
Maladies d’hier, maladies d’aujourd’hui
Thérapie par la lumière ultraviolette utilisée pour prévenir le rachitisme chez les enfants en 1938. Photo d’illustration. © Alamy/hemis.fr
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Cet article est issu du numéro 178 de Philosophie magazine « Comment cultiver la bonne humeur ? », en kiosque le 21 mars 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les Britanniques sont confrontés à une résurgence de maladies de l’ère victorienne. Ce phénomène montre que l’immunité est une construction collective
Rachitisme, choléra, typhoïde, gale, scorbut, scarlatine, coqueluche, rougeole, tuberculose… Au Royaume-Uni, les médecins constatent une résurgence de maladies typiques de l’époque victorienne (1837-1901). Deux causes principales sont pointées du doigt. D’une part, ces maladies sont associées à la misère. Leur recrudescence est liée à l’appauvrissement de la population (un Britannique sur cinq environ vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté). D’autre part, le retour de certaines maladies comme la rougeole est assez directement lié à un relâchement des pratiques vaccinales. De ce constat, on peut tirer plusieurs conclusions entrelacées.
D’abord, comme le disent le politologue Jean-Michel Eymeri et le médecin Jean-François Girard dans Quand la santé devient publique (1998), « l’éradication de la maladie est une parfaite utopie » dans l’immense majorité des cas. Mis en échec, tenus à distance du monde humain par les barrières immunitaires que celui-ci érige pour se protéger, virus et bactéries perdurent çà et là, au gré de dynamiques invisibles impossibles à maîtriser totalement. Ils attendent, dans les linéaments de la communauté humaine ou au-dehors, une occasion – l’affaissement des systèmes de protections : vaccination, mesure d’hygiène, etc. « Les victoires sont […] rarement complètes et définitives. »