Bestiaire philozoophique
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Cet article est issu du numéro 77 de Philosophie magazine « 77 - Mars 2014 », en kiosque le 20 février 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le chien et Diogène
Alexandre le Grand se présenta un jour devant le philosophe Diogène et lui dit : « Je suis le grand roi Alexandre. » À quoi Diogène répondit : « Je suis Diogène le Chien, je caresse ceux qui me donnent quelque chose, j’aboie après d’autres qui ne me donnent rien et je mords les méchants. » Le sage cynique appuie ainsi sa critique de la société humaine sur le comportement de l’animal. Suivre ses impulsions et satisfaire ses besoins immédiats protègent du désir illimité, de la vanité et de l’artifice.
La chatte de Montaigne
Dans le Livre II des Essais, Montaigne écrit « quand je joue avec ma chatte, qui sait si ce n’est pas elle qui s’amuse avec moi plutôt que moi avec elle ». Il prête à l’animal des émotions et des jugements symétriques aux siens : espièglerie, goût du jeu et du semblant, voire lassitude. Pour Montaigne, si l’homme est distinct de l’animal, c’est pour mieux s’y refléter. Dans cette pensée féline mystérieuse mais perceptible à chaque instant, il trouve un indice de continuité entre les espèces et va même jusqu’à dire : « Il se trouve plus de différence de tel homme à tel homme que de tel animal à tel homme. »