Esthétique
Quand Deleuze louait l’“exquise légèreté” des taches de rousseur
© Nathan Dumlao/Unsplash
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Autrefois camouflées sous du fond de teint, les taches de rousseurs sont aujourd’hui le nec plus ultra de la mode. Le hashtag #fakefreckles (#faussestachesderousseur) et les tutoriels pour s’en dessiner, voire s’en tatouer, fleurissent. Une tendance qu’avait peut-être anticipée le philosophe Gilles Deleuze dans l’un de ses textes de jeunesse.
Pourquoi cette nouvelle obsession pour ces petites taches ocre, brunes ou orangées ? Le philosophe Gilles Deleuze a succombé au charme de ces éphélides (le nom savant des taches de rousseur). Dans un texte écrit à moins de 20 ans, Description de la Femme. Pour une philosophie d’autrui sexuée (1944), les pensées de Deleuze font preuve d’une surprenante contemporanéité. Dans le même texte, il met en lumière l’essence de la beauté de ces taches et identifie un maquillage tout particulier, celui des orifices.
Malédiction ou atout ?
Entre fascination et répulsion, les taches de rousseur n’ont pas toujours fait l’unanimité. Pendant des siècles, elles étaient synonymes de malédiction. À une époque où la lèpre faisait des ravages, les maladies de peau étaient redoutées. Au Moyen Âge, les taches de rousseur étaient même assimilées à la marque du Diable, trahissant la sorcellerie et évoquant les flammes de l’enfer.
Absentes à la naissance, ces taches ocre n’apparaissent que sous l’effet du soleil. Cette caractéristique aggravait surement leur cas : perçues comme une perte de pureté, les éphélides signifiaient un pacte avec le mal. Il n’y a pas si longtemps, les taches de rousseur étaient encore décriées, conduisant au développement de nombreuses techniques, plus ou moins radicales, pour tenter de s’en débarrasser – de la crème au laser. Mais que s’est-il passé pour pouvoir lire aujourd’hui : « Comment mettre en valeur les taches de rousseur ? », « 8 techniques pour faire les taches de rousseur », « Je me fais tatouer des taches de rousseur ».