Élections européennes / Hacking

Boris Razon : “Troubler la consultation électorale fait peser un doute sur sa qualité”

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Cet article est issu du numéro 130 de Philosophie magazine « Plaire, émouvoir, convaincre. L’art de l’éloquence », en kiosque le 29 mai 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La société de sécurité Safeguard Cyber a établi que la Russie a mené une campagne de désinformation massive visant les élections européennes. Coauteur d’une enquête passionnante, Les Nouvelles Guerres. Sur la piste des hackers russes, Boris Razon détaille le nouvel espace de la cyberguerre.

Avec près de 6 700 « mauvais acteurs » qui auraient touché près de 240 millions d’usagers, les élections européennes ont été victimes d’une campagne de désinformation conduite par la Russie sur les réseaux sociaux. Comment analysez-vous ce phénomène ?

Boris Razon : Même s’il faut être prudent, puisque le lien entre les milliers de faux comptes et de trolls, et les services russes est de l’ordre du soupçon, il est clair que les Russes ont acquis des compétences redoutables en matière de compréhension des enjeux électoraux et d’utilisation des réseaux sociaux à des fins de polarisation des débats. Ces attaques étaient ciblées avec du matériel spécifique pour chaque État : en France avec des réactions hostiles à l’intervention de Macron dans la presse européenne ; en Allemagne avec du contenu hostile à la politique migratoire ; en Angleterre sur le Brexit. Elles sont censées bénéficier aux partis nationalistes d’extrême droite chers à la Russie. Mais, derrière, se dissimule une stratégie plus pernicieuse : troubler la consultation électorale et faire peser un doute sur sa qualité, sa fairness. Si l’élection a eu lieu sous influence, que valent ses résultats ?

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