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Peut-on sauver la Russie d’elle-même ? L'analyse engagée d’André Markowicz

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André Markowicz

André Markowicz. © Jacques Grison

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« Il faudra bien que la Russie se retrouve face à elle-même. » En préfigurant la possibilité qu’un jour, la guerre en Ukraine dans son dos, la Russie soit poussée à un examen de conscience tardif, André Markowicz pose la question de l’avenir d’un pays qu’il connaît bien pour avoir traduit la plupart de ses grands écrivains, de Tchékhov à Pouchkine, Dostoïevski et Boulgakov. Dans un court texte, Et si l’Ukraine libérait la Russie ? (Seuil, coll. Libelle, 2022), rédigé dans l’urgence amère de la guerre, le poète et traducteur, né en 1960 à Prague mais élevé dans la culture russe par sa mère, se livre moins à un exercice de prophétie politique qu’à une exploration de ce qui pourrait sauver la Russie d’elle-même, de la honte qu’elle suscite par la faute de son chef autocrate et sanguinaire.

 

Une triple faillite

Pour Markowicz, « la guerre lancée par Poutine laisse la Russie face au miroir où se lit une triple monstruosité, une triple faillite » : la faillite engendrée par l’idéologie panslaviste, la faillite de l’Église orthodoxe russe, qui bénit les armes de Poutine, et la faillite engendrée par la violence endémique qui régit les rapports humains. « Au fil des années, le pays dirigé par Poutine s’est enfoncé dans la mythologisation d’une histoire russe recomposée et donnée pour seule légitime ; Poutine est à l’origine d’une réécriture – d’une falsification – de l’histoire réelle telle qu’elle avait commencé à apparaître au cours des quelques années de libéralisation », observe l’auteur. Or, « il est indispensable que la réalité des crimes commis en Ukraine par l’armée russe parvienne à la conscience des Russes eux-mêmes », insiste André Markowicz.

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