Brésil. Napagnouma
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Cet article est issu du numéro 105 de Philosophie magazine « Suis-je l’auteur de ma vie ? », en kiosque le 01 décembre 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
“Étrangère”, c’est ainsi qu’était désignée Helena Valero, fillette enlevée par les Indiens et qui fut pourtant élevée par eux comme l’une des leurs. Comme un lien entre deux mondes.
1939. Helena Valero a 11 ans, le visage parsemé de taches de rousseur, de grands yeux brillants comme des olives. Ce matin-là, avec toute sa famille, elle descend le Rio Negro à la recherche de bois précieux lorsqu’une pluie de flèches empoisonnées s’abat sur eux. La petite Helena en reçoit une qui lui traverse le ventre pour aller se planter profondément dans sa cuisse. Elle ne peut plus guère marcher. Son père l’installe à l’ombre d’un grand arbre, charge ses deux jeunes frères sur ses épaules et court chercher du secours. Lorsqu’il revient avec les soldats, ils ne trouvent personne, ni sa fille ni les Indiens qui les avaient attaqués.