Ma préférence à moi #2
Bruno Cremer, un lieu minéral
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Cet article est issu du numéro 40 de Philosophie magazine « 40 - juin 2010 », en kiosque le 27 mai 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Qui trouvez-vous très beau ? Sept auteurs – philosophes, sociologues, psychanalystes, romanciers, historiens ou ethnologues – nous répondent. Et révèlent, en creux, le point tendre de leur recherche intellectuelle.
Bruno Cremer a la carrure des grands acteurs américains. Son visage, comme celui de Henry Fonda ou de James Stewart, sait accueillir le temps qui passe. Il vieillit sans surprises et sans « coup de vieux ». Il s’accomplit d’ailleurs de cette maturité.
Après l’avoir découvert dans La 317e Section de Pierre Schoendoerffer, j’ai retrouvé Bruno Cremer des années plus tard, dans la série Maigret, où il a incarné le commissaire créé par Georges Simenon. Tout comme le personnage qu’il joue, Cremer « fait lieu ». Nous sommes toujours là où il se trouve. Il est immobile, mais tout lui remonte. Il a une présence terrienne dans la ville. Il a une forte capacité à s’enraciner, car il est plein de racines. Il est l’archétype du lieu.