Entretien

Marcel Gauchet : “L’opposition est plutôt de l’ordre de l’affect”

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Marcel Gauchet : “L’opposition est plutôt de l’ordre de l’affect”

Marcel Gauchet. ©Denis Allard/Leextra via opale.photo

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Cet article est issu du numéro 6 de Philosophie magazine « 6 - février 2007 », en kiosque le 25 janvier 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Marcel Gauchet, philosophe et auteur d’un article, « La droite et la gauche », paru dans l’ouvrage collectif Les Lieux de mémoire (Gallimard), reprend son analyse en regard de l’actualité.

 

Il y a vingt ans, alors qu’on annonçait déjà sa disparition, le clivage gauche-droite vous semblait devoir durer. Est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

Marcel Gauchet : Il faut d’abord souligner sa relativisation. Depuis 1981, l’alternance politique s’est systématisée, ce qui ne contribue pas à entretenir l’idée qu’il y a une différence substantielle entre les deux camps. Le pluralisme est entré dans les mœurs. Par ailleurs, le développement de l’individualisme transforme le rapport à la politique : l’individu contemporain n’est pas un militant, il n’aime pas être rangé dans un camp. Il est un observateur du champ politique plutôt qu’un acteur véhément. Mais en réalité, le clivage gauche-droite se maintient dans une autre dimension, beaucoup plus profonde…

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