Haut lieu
Burghölzli, Zurich. La clinique de Freud, Jung et… Heidegger
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Cet article est issu du numéro 48 de Philosophie magazine « 48 - avril 2011 », en kiosque le 30 mars 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La ville des banques et des assurances accueille un établissement psychiatrique un peu à part, où la psychanalyse et la phénoménologie ont jadis pris leurs quartiers.
La ville la plus peuplée de Suisse ne cache pas que des coffres-forts bien remplis. En retrait du centre-ville médiéval, la colline boisée du Burghölzli abrite une clinique psychiatrique universitaire où souffle, depuis 1870, l’esprit avant-gardiste et humaniste qui caractérise « l’école de Zurich ». Vaste et imposant, l’établissement connaît son âge d’or à la Belle Époque, sous la direction d’Eugen Bleuler. Ce dernier bannit l’usage de la camisole de force. Convaincu que ce n’est pas en classant les pathologies que l’on soigne les malades, Bleuler promeut une psychiatrie « dynamique », fondée sur la relation entre médecin et patient. En travaillant sur la « démence précoce », qu’il nomme « schizophrénie », il remarque que les mécanismes inconscients qu’un certain Freud vient de mettre en évidence à Vienne sont indispensables pour en comprendre les symptômes ; il est le premier professeur d’université à lui apporter son soutien, à la stupéfaction de ses collègues suisses et allemands.