Ethnomythologies

Candida Auris. Spores de peur

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Candida Auris. Spores de peur

Candida Auris. © Stéphanie Rossow/Science Photo Library/AFP

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Cet article est issu du numéro 170 de Philosophie magazine « Il faut qu’on parle ! Le langage résout-il les conflits ? », en kiosque le 01 juin 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Comme dans un remake de la série post-apocalyptique The Last of Us, ce champignon infecte les humains et commence à inquiéter la communauté scientifique. Ce cocktail de fiction et de réalité suffit-il à réveiller nos terreurs ancestrales ?

 

Quelquefois, on peut saisir, in statu nascendi, la fabrication d’une terreur susceptible de se répandre comme une véritable épidémie.

Quiconque a lu Le Monde des fourmis (1969), remarquable monographie signée par le biologiste Rémy Chauvin, sait depuis longtemps que ces insectes sont susceptibles d’être infectés par le champignon du genre Ophiocordyceps. Il provoque une véritable métamorphose du comportement de son hôte, qui ne participe plus aux activités de la fourmilière, erre sans but dans les sous-bois jusqu’à trouver un brin d’herbe sur lequel s’agripper à l’aide de ses mandibules. C’est qu’une prolifération rapide est en train de détruire ses organes internes. La mort survient lorsqu’un stipe – autrement dit, « un pied de champignon », long filament de la taille de la fourmi – surgit de sa tête. C’est par là que le champignon émettra ses spores qui contamineront d’autres fourmis de passage.

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