Cinéma

César de la philo: les nommés sont...

Temps de lecture : 5 min

César de la philo: les nommés sont...
La remise des César du cinéma se déroule ce soir, vendredi 28 février, au Théâtre du Châtelet à Paris. Si la cérémonie promet d'être longue comme un jour sans pain, quelques nominations méritent un instant d'attention. De “Jimmy P.” à la “Vénus à la fourrure”, “Philosophie magazine” fait son cinéma.

Dans la catégorie Meilleur réalisateur et Meilleur film

La Vénus à la fourrure de Roman Polanski

Lire La Vénus à la fourrure: jouer à être esclave, pour devenir le maître.

En adaptant La Vénus à la fourrure de Sacher-Masoch, Roman Polanski ne signe pas un film érotique, mais une méditation brillante sur la dialectique.
 

Jimmy P. d'Arnaud Desplechin

Lire le dialogue entre Tobie Nathan et Arnaud Desplechin.

En 1947, Jimmy P., un Indien Blackfoot revient de la guerre en proie à un lourd traumatisme. Son cas est un défi pour la psychanalyse. Un thérapeute en rupture de ban, Georges Devereux, va le relever et faire naître ainsi une nouvelle discipline, l’ethnopsychiatrie. C’est de cette histoire, véridique, que s’est emparée le cinéaste Arnaud Desplechin dans son dernier film. L’occasion de lui faire rencontrer l’un des plus éminents disciples de Devereux, Tobie Nathan, et de se demander avec eux si l’inconscient est culturel ou universel.

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Dans la catégorie Meilleur film documentaire

Comment j'ai détesté les maths d'Olivier Peyon

Lire la chronique de Comment j’ai détesté les maths d’Olivier Peyon

Auteur de documentaires consacrés à Élisabteh Badinter et Michel Onfray, Olivier Peyon pose deux questions: « Pourquoi autant de gens se disent nul en maths, et souvent avec fierté ? » et « Comment les maths en sont-elles arrivées à souffrir d’une telle désaffection au moment même où elles dirigent le monde ? »
 

Le Dernier des Injustes de Claude Lanzmann

Lire le grand entretien mené avec Claude Lanzmann à l'occasion de la sortie du film

Le réalisateur de Shoah jette un pavé dans la mare avec Le Dernier des Injustes, son dernier film, qui réhabilite la figure du rabbin Murmelstein, doyen du conseil juif du camp de Theresienstadt, accusé d’avoir collaboré avec les nazis. L’occasion de revenir sur la vie d’un témoin et d’un penseur des horreurs et des espoirs du XXe siècle.

Et la chronique du film: Le Dernier des injustes, de l’ambiguïté du mal

Le Dernier des injustes de Claude Lanzmann sort aujourd'hui en salles. Ce film polémique tente de réhabiliter la figure controversée du rabbin Murmelstein, chargé d'encadrer administrativement l’ordre dans les ghettos juifs. Où l'on découvre que le clair-obscur règne toujours dans les affaires humaines.
 

La Maison de la Radio de Nicolas Philibert

Relire le portrait de Nicolas Philibert

Son précédent documentaire, Retour en Normandie se nourrit de trente ans de travail et de vie. Licencié de philosophie, le réalisateur du documentaire Être et Avoir livre un film-miroir aux multiples facettes, où passé et présent s’entremêlent.

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Dans la catégorie Meilleur film étranger

Gravity d'Alfonso Cuaron

Lire le billet de Chistian Walter: Centre de gravité

Dans Gravity, la représentation visuelle non perspectiviste (les images en relief) correspond exactement au propos illustré par le déroulé narratif de l’intrigue (la place de l’homme dans l’univers telle que la philosophie contemporaine de la connaissance le comprend). Je veux dire par là qu’il y a une coïncidence exacte entre la posture visuelle du spectateur et la posture épistémologique de l’homme contemporain. De la même manière que le spectateur n’est plus extérieur, face à l’image (comme avec la perspective plane) mais à l’intérieur, happé dans l’image (par la technologie stéréoscopique), l’homme contemporain n’est plus face au monde (comme dans l’époque « moderne » qui s’ouvre avec la naissance de la perspective plane au Quattrocento) mais réinséré dans le monde (l’épistémologie est « naturalisée »).

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Dans la catégorie Meilleur acteur

Mathieu Amalric pour La Vénus à la fourrure de Roman Polanski

Relire le questionnaire de Socrate mené en 2010 avec Mathieu Amalric

Cinéaste et comédien, Mathieu Amalric a reçu le Prix de la mise en scène lors du dernier Festival de Cannes, pour son quatrième long-métrage, Tournée (en salles depuis le 30 juin). Acteur éclectique, il évolue du cinéma d’auteur français à Hollywood, des films d’Arnaud Desplechin à ceux des frères Larrieu, en passant par le dernier James Bond.
 

Fabrice Luchini pour Alceste à Bicyclette de Philippe Le Guay

Relire le questionnaire de Socrate réalisé avec Fabrice Luchini en 2011

Comédien truculent, passionné de théâtre et de littérature, Fabrice Luchini excelle dans ses lectures de Céline, Flaubert, La Fontaine ou Nietzsche. Ancien apprenti coiffeur né à Paris en 1951, il a été révélé par Éric Rohmer, avec lequel il a tourné six films, dont Les Nuits de la pleine lune (1984). En 1990, son rôle dans La Discrète, de Christian Vincent, propulse sa carrière au cinéma, au cours de laquelle il croise la route de Cédric Klapisch, Claude Lelouch ou Pascal Bonitzer. Son dernier spectacle autour de Philippe Muray a rencontré un large succès. Depuis, il a mis en voix les Fragments d’un discours amoureux, de Roland Barthes (Audiolib), joué dans Potiche, de François Ozon, et Les Femmes du 6e étage, de Philippe Le Guay.