Alain Badiou répond aux questions de Gilles Haéri
Cette méconnaissance contemporaine des mathématiques semble la chose la mieux partagée, y compris par les philosophes ?
Cet article est réservé aux abonnés.
En partenariat avec Flammarion, Philosophie magazine propose chaque jour une réponse d’Alain Badiou extraite de l’« Éloge des mathématiques »
C’est une situation divisée. Malheureusement, la plupart des philosophes, ayant un minimum de formation mathématique (…), s’engagent dans la voie de la philosophie analytique anglo-saxonne, voire de son satellite scientifique, le cognitivisme. La philosophie analytique concentre son activité sur la distinction langagière entre les énoncés pourvus de sens, raisonnables, et les énoncés d’après elle dépourvu de sens, notamment la quasi-totalité des énoncés philosophiques depuis Platon, tous tenus pour « métaphysiques » et donc sans intérêt. Le cognitivisme tente de ramener toutes les questions de la pensée ou de l’action à l’étude expérimentale des mécanismes cérébraux.