Moyen-Orient / Diplomatie

Choisir entre le mal et le pire ?

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Cet article est issu du numéro 89 de Philosophie magazine « Peut-on être heureux sans travailler ? », en kiosque le 23 avril 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Si notre politique au Moyen-Orient est devenue illisible, c’est parce que l’Occident est enfermé dans un choix terrible : laisser la situation empirer ou soutenir les ennemis d’hier.

En politique internationale, les lois de la transitivité ne fonctionnent guère. Les amis de mes ennemis ne sont pas forcément mes ennemis. Selon de nombreuses sources, de l’argent qatari a servi à financer l’État islamique, notre pire ennemi du moment. Or le Qatar est aussi l’ami du camp occidental. De même, les ennemis de mes amis ne sont pas toujours mes ennemis. Notre allié saoudien a attaqué la rébellion houthiste, soutenue par l’Iran, au Yémen. Mais l’Iran est-il notre ennemi ? Nous venons de conclure avec lui un accord sur le nucléaire qui met l’Occident sur la voie d’un rapprochement. Enfin, les ennemis de mes ennemis ne sont pas toujours mes amis. Le dictateur syrien Bachar el-Assad est bien l’ennemi de l’État islamique. Nous sommes dans la situation inconfortable où nous avons deux ennemis qui sont ennemis entre eux : un dictateur qui continue de massacrer son peuple d’un côté, des terroristes fanatiques de l’autre. Bref, il faut imaginer, selon la formule de Thomas Schelling, théoricien des jeux et auteur d’une Stratégie du conflit (PUF, 1986), « une théorie de l’antagonisme incomplet et du partenariat imparfait ». 

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