Claire Marin : “Nous sommes confrontés à l’apprentissage de la perte et du renoncement”
Claire Marin © Hannah Assouline/Opale/Leemage
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« La question qui me préoccupe le plus pour 2021, c’est celle de l’altération de nos relations sociales et la possibilité de continuer à en prendre soin. La crise du Covid-19 a profondément transformé notre sociabilité, avec la généralisation des communications à distance. Cela crée une détresse psychologique et affective qui m’inquiète beaucoup. Nous avons pris conscience que ne pouvions pas nous passer de la présence physique des autres : nous sommes d’abord des êtres vivants, sensibles, incarnés. Nous avons besoin de cette co-présence, et notamment d’avoir des interactions tactiles avec nos proches. Sans cela, nous dépérissons.
“Pour certaines personnes, la sociabilité est plus urgente que le fait de devoir se protéger contre la maladie”
La crise a mis en péril ce que nous avions de plus précieux, à savoir les liens sociaux. La situation est particulièrement dure pour les personnes qui vivent la solitude comme une privation : notamment les étudiants et les personnes âgées. C’est important en ce sens de maintenir les écoles ouvertes, il faut de manière urgente se préoccuper des universités et repenser aussi sérieusement le fonctionnement des Ehpad. Pour certaines personnes, la sociabilité est plus urgente que le fait de devoir se protéger contre la maladie. Il faut parfois savoir mettre entre parenthèses la distanciation face à de graves souffrances psychiques.