Clivages

Confiance/défiance

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 57 de Philosophie magazine « 57 - mars 2012 », en kiosque le 23 février 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Du billet de banque aux grands emprunts, en économie, rien n’a de valeur sans confiance. Alors que les Anciens y voyaient un acte de foi soutenu par Dieu, les Modernes ont cru avec Hobbes pouvoir la fonder sur l’État. À qui peut-on encore se fier  ?

Les banques et les États ne se font plus confiance ; et les individus ne se fient plus ni aux États, ni aux banques, ni à personne. C’est la crise ! Ce qui montre a contrario combien la confiance est cruciale et dans quelle grande mesure le marché qui ne semble reposer que sur la seule recherche du profit matériel, dépend en fait d’un pur acte de foi : celui de se fier à l’autre, à ses promesses, à ses engagements. Rien ne le montre davantage que l’invention de l’argent. Quand on y songe, quel mystère ! Cet argent, qui anime une grande part de nos existences, ne repose sur rien d’autre qu’une mystérieuse convention, jamais écrite, jamais signée, garantie par rien. Elle nous convainc d’emblée que quelques grammes de métal, un morceau de papier sans valeur, voire une simple ligne d’écriture informatique, valent 100 euros ! Il faut avoir sacrément confiance pour ne pas avoir de doute.

Cet article est réservé aux abonnés