Le programme. Bêtisier
Contresens : le bêtisier !
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Cette collection de maladresses fort répandues dans l’opinion commune est exactement le genre de choses qu’il faut éviter le jour de l’examen. On peut même se servir de ces « bêtises » comme d’un négatif de ce qu’il faut comprendre. Si vous avez fait ce type d’erreurs, il n’est pas trop tard pour vous corriger et méditer ces mots de Gaston Bachelard : « La vérité est une erreur rectifiée. »
Platon n’aime pas la beauté
Impossible d’écrire que Platon n’aime pas la beauté : dans Le Banquet, c’est bien la sensibilité d’un homme à la beauté d’un autre qui marque le début de l’aventure de la connaissance ; le Beau le conduira finalement au Bien et au Vrai. En revanche, il est exact que Platon, notamment dans le livre X de la République, est très sévère à l’égard de l’art. Il y oppose l’idée du lit (sa vérité ou son essence) au lit concret fabriqué par l’artisan (qui n’est pas « vrai », mais sert au moins à quelque chose) et au lit peint par l’artiste qui, lui, ne sert à rien et représente une copie trompeuse d’un seul des aspects, arbitrairement choisi, du lit en question. Il présente alors l’artiste comme celui qui nous trompe, cherche à nous « plaire » sans se soucier de la vérité. D’où sa célèbre phrase « il faut chasser les poètes de la cité » et sa condamnation des sophistes, qui sont comme des artistes du discours politique. La sévérité de Platon s’explique en fait par la nature de l’art qui triomphe à son époque : un art « illusionniste » par lequel, par exemple, le peintre Zeuxis s’amuse à dessiner, sur une roche, des raisins que les pigeons essaient de picorer tant ils ressemblent aux vrais. Dans Le Sophiste, Platon nuancera sa thèse en distinguant notamment « l’art du simulacre » (celui de Zeuxis ou des sophistes) de « l’art de la copie » (celui des Égyptiens) qui, lui, tente au moins de « copier » la vérité des proportions.
Aristote fait l’apologie de la ruse en politique
Probablement est-ce un signe des temps… On assiste à l’émergence d’un nouveau contre-sens au sujet de sa célèbre citation « L’homme est un animal politique ». Ce propos, profondément idéaliste, est souvent déformé en thèse réaliste, voire cynique : « animal politique » devient synonyme de « bestiole prête à tout pour conquérir le pouvoir » ! Rien à voir, bien sûr, avec ce que voulait dire Aristote. Pour lui, la participation à la délibération politique était le moyen pour l’homme d’actualiser pleinement ses facultés humaines. « L’homme est un animal politique » signifie que c’est grâce à la politique – comme recherche collective du bien commun, non comme somme de ruses politiciennes – que l’homme parachève son humanité. Cela n’est pas facile, mais c’est « naturel » : il est dans la nature de l’homme de se forcer, par la politique, à devenir meilleur.