Humeur
« Da Vinci Code », un succès monté de toutes pièces
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 3 de Philosophie magazine « 3 - août/sept. 2006 », en kiosque le 27 juillet 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
En matière de culture, qu’est-ce qui fait événement ? La quantité ou la qualité ? Le battage autour du film Da Vinci Code plaide pour la seconde réponse. Pour Pierre Jourde, il est temps de respecter le public : les médias ne doivent pas fonder le réel mais l’interpréter.
Le public croit bêtement que l’événement tient à la nature des choses. Le public croit bêtement qu’il y a une réalité, qu’elle se constitue de faits et que le journalisme consiste à parler de ces faits.
À l’occasion de la sortie au Festival de Cannes de Da Vinci Code, une grande station de radio publique consacre une chronique à ce film. Cette station aurait pu consacrer une chronique à n’importe quel autre des nombreux films présentés au festival. Pourquoi Da Vinci Code ? Le journaliste commence son article en qualifiant Da Vinci Code de film événement. Le choix est ipso facto justifié, il procède d’une nécessité : un bon journaliste se doit de couvrir l’événement. Il ne peut pas ne pas parler de Da Vinci Code, puisque c’est un événement.