Vocabulaire
De l'“agencement” au “rhizome” : lexique deleuzien
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Cet article est issu du Hors-série n°63 de Philosophie magazine « Gilles Deleuze. L’homme aux mille concepts », en kiosque le 04 décembre 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Agencement
L’individu n’est pas un être isolé ; il fait partie d’ensembles, d’« agencements d’hétérogènes » où son existence s’inscrit. Les agencement ont toujours des « côtés territoriaux » qui les « stabilisent », les figent, et des « pointes de déterritorialisation » qui déstabilisent et désorganisent. Le désir « circule » dans ces « agencements ». Tantôt, il en reproduit l’ordre territorial. Tantôt, il s’engage sur des chemins de traverse, sur des lignes de fuite qui font bouger les agencements et ouvrent de nouveaux horizons. L’existence glisse de l’un à l’autre, de la stabilité à la déstabilisation. « Un enfant dans le noir, saisi par la peur, se rassure en chantonnant. [...] Sa petite chanson [est] l’esquisse d’un centre stable et calme, stabilisant et calmant, au sein du chaos. » Elle territorialise un agencement de corps, d’espace, de son, etc. Mais l’enfant ne peut passer sa vie dans ce cercle magique, à répéter sa chanson. Il doit partir, se déterritotorialiser pour se reterritorialiser ailleurs, autrement.
Répression-ligne de fuite
Les « dispositifs de pouvoir » ne s’abattent pas de l’extérieur sur un désir sans limite en lui imposant un ordre restrictif. Ils sont une « dimension » des agencements, une « composante » qui produit des « reterritorialisations ». On peut donc désirer ces dispositifs (puisque le désir est machiné dans les agencement), alors même qu’ils ont un « effet répressif » : ils bloquent les devenirs, « écrasent non pas le désir comme donnée naturelle, mais les pointes des agencements de désir », « étouffent » et « cassent » les agencements. La répression obstrue les « lignes de fuite » qui « entraînent », « emportent » les agencement vers un ailleurs indéterminé.