Des esprits momentanés

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« Dans la Pietà aux donateurs, peint vers 1896-1902, Henner saisit des phases transitoires de l’être. Les draps et la stèle renvoient à la réalité matérielle. Le corps a la froideur de la pierre mais il demeure humain, comme déjà ressuscité dans un éclat lumineux. En retrait, deux personnages représentent les commanditaires du tableau. Reclus dans la pénombre, plus sombres et funèbres que le corps du Christ même, ils compliquent la scène. L’homme au visage roux et barbu, était alors très connu à Paris et donc tout à fait reconnaissable. Le trouble entre la vie est la mort devient flagrant. Quand les morts paraissent plus radieux que les vivants, où est la diminution? où le développement? et qui tend vers la puissance? Pour qualifier ce trouble, Séailles reprend une formule saisissante chez Leibniz : “Les corps ne sont que des esprit momentanés.”

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