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“Écofascisme”

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“Écofascisme”

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Cet article est issu du numéro 159 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qui nous rend courageux ? », en kiosque le 05 mai 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« La politique climatique de Marine Le Pen a un parfum d’écofascisme », affirmait peu avant l’élection présidentielle l’essayiste américaine Kate Aronoff dans le magazine The New Republic. En cause : un programme écologique – que d’aucuns diront ténu ! – mêlant nostalgie d’une nature vierge fantasmée, à protéger des invasions étrangères, esthétisation conservatrice des paysages dont témoigne le rejet des éoliennes, et localisme. Tel est, résumé à grands traits, le cœur de l’écofascisme, qui s’associe volontiers à un traditionalisme antitechnologique. La nébuleuse, née à la fin du XIXe siècle, est généralement illustrée par un cas d’école : celui des lois environnementales adoptées par le régime nazi. Dans Le Droit des animaux (1983 ; trad. fr. Hermann, 2013), le philosophe Tom Regan a questionné ce tropisme conservateur de certains courants de l’environnementalisme. À ses yeux, une partie de l’écologie contemporaine est marquée par « une approche systémique ou holistique », qui insiste sur « ce qu’il y a de “mieux” » pour la préservation des « communautés biotiques ». Et qui minore, ce faisant, le sort des individus. C’est en ce sens que l’écologie entre parfois en résonance avec l’idéal xénophobe, conservateur de la pureté, et se mue en un « fascisme environnemental ».

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