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Enfanter, oui mais comment ?
© Éditions Garnier
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Émerveillée par le miracle de la naissance de ses enfants, la professeur de philosophie au Centre Sèvres Clarisse Picard a cherché à comprendre ses émotions et à les penser. La philosophie de l’enfantement qu’elle propose emprunte autant aux études féministes qu’aux approches phénoménologiques. Au fil de cinq méditations exigeantes, elle invite les philosophes à prendre au sérieux la question de l’enfantement, pour sortir enfin de la « loi du père ». Une proposition stimulante, qui relance de manière décalée le débat sur le patriarcat.
Si l’enfance traverse l’histoire de la philosophie, qui en a fait une grande question – celle d’une expérience fondatrice –, l’enfantement lui est resté en revanche complètement étranger. Jusqu’aux contemporains, aucun philosophe – sauf peut-être Hannah Arendt – n’a jamais proposé de théorie sur la maternité. Comme si l’acte de mettre au monde ne méritait aucune attention en soi. C’est à ce manque, et à ce qu’il traduit de la part des penseurs eux-mêmes, que Clarisse Picard s’attaque dans son premier livre, Philosophie de l’enfantement. Cinq méditations (Classiques Garnier, 2022), qui constitue une réflexion stimulante, bien que complexe et risquée au regard des pensées féministes actuelles dans leur rapport à la maternité. Maître de conférences au Centre Sèvres (l’institut jésuite de Paris), licenciée en théologie et travaillant sur les représentations du féminin, des femmes et des mères en philosophie, elle propose ici une « philosophie de l’enfantement », partant de ce constat d’un champ de réflexion inexploré à combler.
Reconnaissant d’emblée qu’elle fut « émerveillée par le miracle de la naissance », elle a cherché à « comprendre ses ressentis, ses émotions, essayer de les penser et d’y mettre des mots ». Des mots savants, qui relèvent moins en réalité d’une approche mystique et extatique que d’une approche philosophique structurée, nourrie autant de la phénoménologie de Husserl que de la psychologie de Jung, des études anthropologiques de Françoise Héritier que des textes féministes de Camille Froidevaux-Metterie.